Forum photo - Parlons Photo : Le forum pour tous les photographes et les amateurs de photographies.

L'interview de Pantaxikon :

Pentaxikon élu PPnaute a bien voulu répondre à l’interview de parlons photo :

PP : Bonjour Pentaxikon, tout d’abord, faisons connaissance. Depuis combien de temps, fais-tu de la photo ?

Pentaxikon : J’ai commencé en fin de collège, au milieu des années 70. Ca vous donne une idée de mon âge : 53 ans.

PP : Quel est le déclic qui t’a amené vers la photo ?

Pentaxikon : J’avais déjà un certain intérêt pour les arts graphiques au collège (j’aime encore noircir du papier au fusain ou aux pastels). Un enseignant qui animait le club photo du collège m’a mis le pied à l'étrier : il m’a sollicité, et j’ai progressivement fait des reportages pour illustrer les événements de l’établissement dans la revue du lycée. Avoir ses photos publiées -avec son nom en dessous, comme un vrai pro !- était un grand motif de satisfaction. C’était aussi très formateur car il fallait tout couvrir et maîtriser : portraits, repro de documents, compétitions sportives, concerts... Les sorties du club complétaient bien l’expérience.

PP : Pratiques-tu pour le plaisir, le métier ? Est-ce un besoin vital ?

Pentaxikon : Comme prof de lettres et de langues, j'ai toujours eu un rapport nécessaire avec l’image : former les élèves à une culture étrangère, c’est nécessairement leur montrer des images, des oeuvres d’art, leur apprendre à les décrypter... Je pratique donc pour le plaisir, mais l’image fait aussi partie de ma formation. J’ai d’ailleurs suivi une formation à l’audio-visuel à la fac en complément de mes autres études universitaires.

PP : As-tu déjà adhéré à un club ? Pourquoi (oui ou non) ?

Pentaxikon : J’ai non seulement adhéré à un club (au collège et au lycée), mais, une fois devenu enseignant à mon tour, j’ai animé un club dans l’établissement où j’enseignais. Les activités tournaient essentiellement autour de la prise de vue et du labo en noir et blanc. Le club apportait autrefois, ce que les forums apportent aujourd’hui : l’aide, le conseil, l’expérience. Les clubs ont perdu de leur pertinence avec le numérique : la nécessité de se grouper pour avoir du matériel et un laboratoire est devenue moindre. Mais ils gardent tout leur intérêt pour transmettre des techniques particulières comme la photo animalière, ou pour se prêter du matériel d’usage ponctuel.

PP : As-tu déjà exposé, publié ?

Pentaxikon : J’ai participé à plusieurs concours quand j’étais lycéen. C’était moins des concours de photo proprement dit que des expos primées à l’occasion d’événements sportifs (régates de voile, meetings d'athlétisme...).
Dans les années 80, je faisais souvent des montages audio-visuels pour rendre compte de projets, de voyages ou de camps avec des jeunes : c’était l’époque héroïques des Simda synchronisés en fondu enchaîné et pilotés au magnéto à bandes... Il fallait parfois un mois de boulot pour 20 minutes de présentation sonorisée. Rien de comparable à la facilité d’aujourd'hui.
Dans le cadre de rencontres, notamment internationales, j’ai souvent été le photographe de service dont les photos servaient ensuite à des publications sur les événements. C’est toujours intéressant de travailler avec des maquettistes sur des mises en page ou des projets d’affiches : cela oblige à réfléchir au sens implicite d’une image pour savoir en regard de quel texte la situer. Dans le cadre professionnel, je continue à alimenter quelques banques d’images de services de com sur le monde éducatif, les jeunes en difficulté, le développement... Du coup, j’ai parfois la surprise de voir sortir une publication avec une de mes photos en illustration.

PP : Quel temps consacres-tu à la photo (prise et retouche) ?

Pentaxikon : C’est très variable selon les moments. Mon travail m’amène à me déplacer, et j’essaie toujours de garder du temps personnel pour prendre des photos. Si je couvre un événément pour des raisons institutionnelles, je fais en plus beaucoup de clichés pour moi qui n’entrent pas forcément dans le cadre du travail. C’est pour des déplacements professionnels que je suis allé récemment à Malte et au Liban : j’ai partagé quelques clichés persos sur PP à cette occasion.
L’activité de retouche, c’est principalement pour restaurer mes vieux hektachromes ou négatifs scannés. Pour le reportage en numérique, j’essaie d’avoir le moins possible de déchet et le minimum de retouches. Pour les autres styles, je peux facilement passer une heure ou deux sur un cliché raté pour essayer d’en tirer quelque chose après 8 ou 10 versions différentes. En général, les clichés qui ne sont pas ratés s’imposent d’eux-mêmes sans trop de manip.

PP : Quel matériel utilises-tu ?

Pentaxikon : Au temps de l’argentique, après le matériel amateur des débuts j’ai été longtemps Fuji (ST701 et ST801) puis j’ai été Nikoniste invétéré (FM2 et FE2). Amené à m’expatrier, j’ai dû réduire le poids : j’ai vendu tout mon matériel -pour une misère!- et j’ai opté pour un bridge : le Nikon 8400. Il a maintenant 10 ans et me sert encore régulièrement. C’était le premier, en son temps, à offrir un vrai 24mm (en équivalent full frame). J’ai récemment ajouté au Nikon un Pentax K5. Je me contente, pour l’instant, d’un zoom polyvalent 18-135mm et d’un 35mm. L’envie d’accumuler du matériel m’a passé avec l’âge : je n’ai pas de rêve au dessus des moyens de mon matériel. Si je vois quelque chose de splendide qui est hors de portée, je l’admire ! Je préfère un bon souvenir à une mauvaise photo.

PP : As-tu des lectures régulières ? Si oui lesquelles ? (mensuels, livres photos, fréquentation d’expos)

Pentaxikon : J’ai la chance de pouvoir fréquenter les salles d'expo parisiennes à l’occasion. Mes lectures sont surtout sur le net, comme "chasseur d'image" pour les actus. Parmi mes sites favoris, il y a 1x ou pentaprism : on y trouve des photos fabuleuses qui sont formatrices pour le regard. Je fréquente globalement plus les musées de peinture figurative que les expos de photos : je crois qu’un photographe peut en apprendre beaucoup en matière de cadrage, de couleurs...

PP : Quels sont tes photographes préférés ?

Pentaxikon : Ansel Adams, Henri Cartier-Bresson, Brassaï, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Sebastiao Salgado... La liste serait longue ! Comme par hasard, j’ai cité des ténors du noir et blanc : sans doute un reste de mes années de club pendant lesquelles j’ai fait moins de couleur.

PP : As-tu des projets (matériel ou photographiques) ?

Pentaxikon : Pour le matériel, peut-être un grand angle en focale fixe : mon zoom est très limite en piqué. Pas trop gênant pour le reportage, mais pénible en paysage ou architecture. Il me contraint à diapragmer, et ce n’est pas toujours ce que je veux !
Un autre projet : finir de scanner mes diapos et mes négatifs. Je suis sûr d’avoir quelques trésors qu’il faut que je sauve avant que la moisissure ne les achève !

PP : Dans la vie : tu aimes ? Tu n’aimes pas ?

Pentaxikon : J’aime beaucoup le jazz, la littérature policière, quelques bonnes bières belges, un repas en bonne compagnie...
Je n’aime pas beaucoup, et même de moins en moins, la télévision...

PP : Vois-tu quelque chose de plus à nous dire pour nous parler de Toi ?

Pentaxikon : Je crois que j’en ai déjà beaucoup dit : vous me connaissez presque aussi bien que moi !

PP : Donc parlons photo. Quel est ton premier sujet traité (ta première photo réalisée) ?

Pentaxikon : Ma première photo mise sur le forum? C'était un portrait intitulée "Bientôt libre ?". C’est devenu une série de portraits d’enfants de la rue du Rwanda. Un sujet qui me tient à coeur : j’ai travaillé avec les enfants de la rue et les enfants en prison dans plusieurs pays. Ils m’ont beaucoup appris ! Ils ont souvent une expressivité étonnante, mais difficile à traduire par l’image.

PP : Quels sont tes sujets de prédilections ?

Pentaxikon : Comme tout voyageur, j’aime le paysage, l’architecture, les lieux qui racontent une histoire. Je photographie les personnes aussi, mais je n’ai pas toujours le culot des grands reporters pour mettre l’appareil sous le nez des gens : je photographie dans un contexte que je connais un minimum, pour retranscrire une ambiance, quelque chose que je partage avec quelqu’un.

PP : Quel est ton souvenir (une expérience) le plus marquant(e) en photo ?

Pentaxikon : Pendant mon service militaire, je me suis retrouvé casque bleu au Liban à une époque où ça bardait pas mal (83-84). J’ai eu l’autorisation d’enmener mon matériel et, en dehors de mon travail, de couvrir des événements locaux et même de faire des photos destinées à de l’identification dans des moments plutôt tendus (au télé à plat ventre dans l’herbe)... Pas Jason Bourne, mais presque ! Ca m’a permis de travailler avec le service com du Sirpa à Paris qui assurait le traitement des bobines. Pas mal de mes photos ont été employées ensuite.

PP : Quel est ton "meilleur ratage", ton plus grand regret (photo a priori importante mais loupée) ?

Pentaxikon : J’ai couvert, une journée entière, une cérémonie à la demande d’une famille en Afrique. La totale : réception, messe, repas... Au moins 250 clichés. Le soir venu, je transfère toutes les photos sur mon ordinateur portable déjà poussif. Le lendemain, crash irrémédiable du disque dur. Impossible de redémarrer la bécane et de récupérer quoi que ce soit ! Si j’avais seulement copié les photos, elles seraient restées dans l’appareil. Imaginez ma tête quand la famille est venue, la bouche en coeur, chercher les clichés ! J’en rougis encore en le racontant.

PP : Quelle photo aimerais-tu faire, même et surtout si elle est impossible ? Ton rêve photographique ?

Pentaxikon : Je n’ai pas de rêves démesurés dans ce domaine, puisqu’on peut faire de bonnes photos avec du quotidien bien observé. Les photos célèbres faites par des inconnus sont trop souvent tragiques : ils ont profité de l’oportunité d’être là au moment où l’avion est tombé ou au moment où la bombe a explosé... Ca peut remplir un compte en banque, mais je ne peux guère souhaiter ce genre de gloire !

PP : Quel genre de photo tu n’aimes pas faire, pourquoi ?

Pentaxikon : Je ne fais pas de macro, par exemple. Comme je l’ai dit plus haut, j’aime faire des photos qui suscitent une émotion, font partager un moment particulier de complicité, ou qui montrent un environnement dans lequel on peut se projeter. C’est rarement le cas en macrophoto. Pour autant, j’admire ceux qui excellent dans ce genre, et il y a quelques pointures du domaine sur PP !

PP : Pourquoi avoir choisi PP ?

Pentaxikon : Franchement, j’avais rejoint un autre forum consacré aux usagers d'une marque particulière (je vous laisse deviner laquelle des deux). J’ai rapidement trouvé que ça parlait trop "boutique", que ça dénigrait gratuitement les autres matériels, et l’accueil ne m'a pas paru très sympa : l’impression de déranger une aristocratie qui ne se soucie guère des nouveaux qui débarquent. Je suis donc parti sur la pointe des pieds pour ne pas déranger...
J’ai ensuite choisi PP parce que le forum me semblait plus ouvert, positif, capable de formuler des conseils adaptés aux utilisateurs, de valoriser même des clichés pris avec des moyens limités. Je trouve que, sur PP, on peut côtoyer des hyper spécialistes comme des amateurs qui démarrent, et le ton est tout de suite cordial. J’apprécie qu’on fasse droit au ressenti, à l’impression produite par l’image, et pas seulement aux critères techniques pointus : le commentaire d’une photo doit aider à progresser et ne pas ressembler à une autopsie !

PP : Si tu devais conseiller un débutant de ton domaine..... Quels seraient tes premiers conseils ?

Pentaxikon : Mon unique conseil, volontairement provocateur : apprendre, surtout au début, à ne pas faire de photo ! L’appareil photo est utile, mais vivre un événement n'est pas la même chose que le mettre en images. L’appareil peut aussi être un obstacle qui vous coupe du sujet. Il faut parfois prendre le temps d’apprivoiser un environnement, des personnes, une lumière... et de penser seulement ensuite -et seulement dans sa tête- ce qu'une photo pourrait donner : se dire intérieurement ce que l’on perçoit comme lignes, textures, reflets, couleurs, nuances, les choix de focale ou de cadrage qu’on ferait... C’est un paradoxe, mais on progresse beaucoup en photo en pensant les clichés qu’on pourrait faire : on développe alors son regard et sa créativité au lieu d’être absorbé par les réglages de son appareil. De cette manière, au moment de shooter, on met la technique au service de ce qu’on a vu. On réalise la photo qu’on a déjà dans la tête ; on sert une idée et pas la technique.

PP : Merci de nous avoir répondu Pentaxikon et merci de ta participation active sur le forum de Parlons Photo. As-tu une remarque à nous faire concernant PP ?

Pentaxikon : Je trouve l’ergonomie du site un peu touffue, mais je crois qu’on nous prépare du nouveau, alors espérons que ce sera pour mieux partager !

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